C’est un « travail » non rémunéré, donc je qualifierais de bénévole au profit de tous.. Je ne sais pas encore qui peut en profiter comme tant d’autres travaux que nous réalisons, parce que on a cette pulsion. C’est une sorte de mémoire, plutôt scientifique, ou bien, le résultat de mes activités professionnelles dans le cadre de l’enseignement supérieur d’une Ecole d’Architecture. Il traduit ma vision personnelle du monde dans lequel j'ai vécu. Je décris les problèmes pédagogiques et théoriques dans le contexte de la formation des futurs architectes. Après les événements de 1968, la Section d’Architecture était détachée de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts (ENSBA), et devait être organisée dans les Unités Pédagogiques de l’Architecture, qui est devenu, plus tard (1979), l’Ecole d’Architecture de Grenoble. Le mot clef de cette transformation était la pluridisciplinarité.
Nous (les enseignants et la direction) cherchions la réorganisation des cours du tronc commun, suivant les directives ministérielles. Dans la pratique des ateliers les équipes pluridisciplinaires disposaient d’une grande liberté. Pour les enseignants, il fallait trouver une image de l’architecte futur dans une pratique structurée donnée qui devait être coordonnée avec la pratique d’un enseignement proposé aux étudiants.
J’ai intégré dans mes écrits, mes notes pédagogiques polycopiées des dernières années qui ne devaient pas avoir eu un grand succès auprès des étudiants, parce qu’il étaient assez théoriques et s’adressaient davantage aux enseignants des autres ateliers qui n’en avait pas pu prendre connaissance. Aujourd’hui, je comprends que ma vision est plus étendue et globalisante ; Il n’y a que des enseignants ou des organisateurs de l’enseignement qui pouvait s’intéresser à ce genre de textes. C’est peut être pour cela que je sens le besoin de faire ce travail de bilan pour moi-même. En étant champion d’utilisation des croquis et des dessins de toutes natures que j’ai utilisés dans les ateliers dans la conception, je ne me servais pas de représentations dessinées, ni photos ni croquis dans ces textes.
Je l’ai terminé en 2002 et je n’ai pas ajouté un mot de plus..
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En partant à la retraite, j’ai commencé à ordonner mes notes sur l’enseignement de l’architecture, en ayant l’intention de boucler 25 années d’activités pédagogiques. Il y aura des enseignants, des pédagogues et nos anciens étudiants qui entre temps sont devenus des professionnels, qui s’intéresseront à la formation et à nos expériences vécues à l’Ecole d’Architecture de Grenoble. Il s’agit ici d’une sorte de réflexion globale sur nos activités vécues à l’atelier avec des étudiants, mes collègues et de moi même dans le travail quotidien de l’Ecole. Maintenant, que je ne suis plus concerné directement par l’enseignement, je peux m’exprimer librement à tous ces sujets. Si je fais un bilan de toutes mes activités professionnelles, je peux dire que l’exercice de métier dans une agence autant que dans le cadre d’une institution d’enseignement me passionnait et me remplissait de joie.
Quand on est jeune et qu’on n’a pas toujours une vocation déterminée, on se pose la question du choix de l’activité sociale pour gagner sa vie. Si on est attiré par quelque chose, c’est pour l’amour de son activité future dans la vie, on ne pense pas aux différentes satisfactions que cela vous apportera. Lors de mes études, je m’intéressais autant à l’art qu’aux savoirs scientifiques, et je me rende compte que j’ai étudié et pratiqué le métier comme un artiste ingénieur. Je devais les intégrer les deux dans le métier : le sentiment, le feeling, l’affectif, mais aussi les savoirs, la logique, l’intellectuel au service de l’art, en recherchant l’impacte de la raison dans nos actes. C’est bien ce que je cherche à traduire dans mes textes.
Mes réflexions tournent autour de la conception architecturale et de sa pédagogie ; une sorte de plaidoyer pour une compétence rationnelle. Rationnelle dans le sens que les bâtiments répondent à des demandes fonctionnelles dans la mise en forme et dans leurs significations ils ont une expression architecturale. Cette rationalité corresponde au période fonctionnel dominante de mon apprentissage et dans la compréhension de l’architecture dont je suis parti. Toute ma vie professionnelle, j’ai gardé cette idée. C’est en opposition directe d’une pulsion que peut ressentir un artiste quand il se donne coûte que coûte à un métier, à une vocation. C’est peut être pour cela que j’analyse le processus de la conception dans ses détails, qui pour moi n’enlève rien à l’attachement de la partie artistique de l’architecture. Le contraire : ce que nous n’arrivons pas à comprendre dans l’art, c’est précisément ce que nous devons la chercher par la voie intellectuelle. C’est pour cela aussi que l’enseignement du métier d’architecte est difficile, car les sentis n’est pas toujours automatique à transmettre ni à les recevoir. Mais tous ce que nous pouvons transmettre, je cherche à traduire dans le langage, donc dans l’intellectuel car tous les sentis conduisent à la compréhension des informations de la même manière que nos pensées. Ils devront donc être synthétisé globalement et dans ses détails au même endroit.
Dans le domaine de l’art, et surtout dans son enseignement, il ne suffit pas de bien les pratiquer. Il faut aussi les conscientiser, aider ceux qui n’ont pas obligatoirement les mêmes données affectives pour la compréhension. L’intellection peut combler ce manque. C’est pour cela que je trouve ces textes complémentaires. D’autant plus, que la mission d’une Ecole d’Architecture n’est pas seulement de bien enseigner la composition architecturale, de former et d’instruire les futurs professionnels, mais aussi que, par le biais de la formation à cette tâche, les étudiants deviennent des hommes heureux, épanouis, conscients de leur mission humaine et sociale.
Dans toutes mes remarques sur mes activités d’enseignant, je me suis appuyé sur ma pratique professionnelle, et en s’interrogeant moi même sur nos pratiques, je suis arrivé à des « conseils » théoriques de la pédagogie, comme « l’éloge des erreurs » que je considère comme outil évident de base dans l’apprentissage et dans la pratique de la conception architecturale. Je crois même que toute notre structure mentale s’édifie à l’aide de nos erreurs qui nous conduisent à la compréhension des phénomènes. Il peut donc rendre service aux pédagogues qui cherchent à améliorer le contenu de leur enseignement.
L’exercice du métier dans le contexte socio-économique nécessite un grand nombre de savoirs civiques, notamment l’accès à la commande, aux différentes missions, à la production matérielle de l’étude, à la gestion financière d’un cabinet comme structure économique, les honoraires, salaires qui est bien éloigné de la recherche de la qualité architecturale. Les connaissances nécessaires aux différentes tâches prennent de plus en plus grandes importances dans nos pratiques sociales. Le principal geste du métier d’architecte reste tout de même la conception, même si sa pratique exige une diversification dans les taches spécialisées et une gestion qui correspond à la mode de production contemporaine. Il se socialise et se complexifie de plus en plus tous les jours sous nos yeux qui entraînent les changements dans sa structure. Des actes secondaires et accessoires, les outils deviennent plus importants et la formation aux métiers s’évolue avec le reste. Les métiers nouveaux naissent et d’autres disparaissent. Les individus s’adaptent aux changements et les professions organisent les modes de toute production sociale, même si l’adaptation à cette organisation se fait au départ avec incompréhension. C’est un processus normal.
Ce résumé s’adresse à tous les anciens étudiants, enseignants collègues, avec qui nous avons travaillé et vécu ensembles comme on vit dans un atelier de la pratique du métier, idéal pour l’enseignement de ce métier. Ces réflexions ne concernent qu’une partie de l’enseignement du métier : la conception et la composition architecturale, dont je résume en quelque point où je suis arrivé dans mon évolution avant partir à la retraite :
Mes préoccupations pédagogiques étaient engendrées par les débats sur la pratique de notre équipe enseignant de l’atelier et des enseignements au sein de la commission pédagogiques et par les discussions avec les étudiants de notre atelier :
Ces questions sont interdépendantes où nous cherchions un maximum de consensus dans le débat ou les participants avaient leurs opinions individuelles différentes. Les articles que j’ai rédigés pour différents groupes dont une partie sont repris ici, exprimaient la conception de l’équipe enseignant, même si c’est en mon nom que j’exprime dans ces textes. J’espère que ce « brouillage » n’empêchera pas de voir notre démarche pédagogique de l’atelier, et je serais heureux si ce travail contribuait à mieux comprendre et à mieux agir dans le sens de nos actes pédagogiques.